|
Si le recours à
certaines disciplines telles la psychologie, la pédagogie et toutes les Sciences
de l'éducation peut être utile pour la connaissance théorique de L'Enfant, il
nous semble indispensable d'accorder au moins autant d'importance au contact
direct individualisé qui seul permet une connaissance réelle des
enfants.
Individu à part
entière, c'est-à-dire par définition, unique produit du milieu social et
culturel d'origine, sujet en perpétuelle évolution et non objet de connaissances
figées, l'enfant ne peut pas être réduit aux différentes catégories d'une
discipline.
C'est par l'observation
des attitudes et des comportements, par une approche individualisée faisant
appel à l'écoute, la curiosité, l'intérêt que l'animateur tendra vers une
connaissance vivante et dynamique de chaque enfant.
La relation aux enfants
et aux hommes en général ne s'apprend pas dans les livres, elle s'acquiert dans
et par la pratique.
La connaissance
théorique est un outil qui peut faciliter l'acte éducatif mais qui ne garantit
en aucun cas son succès.
Par ailleurs, il est
clair que le centre de vacances est pour la plupart des enfants qui vous seront
confiés, une expérience très particulière: rupture avec le milieu familial,
nécessité de s'adapter à une collectivité souvent importante à l'intérieur de
laquelle vous serez, du moins les premiers jours, un acteur essentiel. Les
enfants éprouvent un sentiment d'insécurité qu'ils dominent plus ou moins vite
et par rapport auquel votre attitude va jouer un rôle très
important.
Un enfant qui arrive en
centre de vacances ne peut pas se penser en tant que membre d'un groupe. Il ne
suffit pas de placer un enfant dans un groupe pour le socialiser. L'instauration
d'un climat de confiance et de sécurité passe avant l'apprentissage de la vie en
groupe; il faut donc, avant toute chose, créer une relation avec chaque enfant
et le considérer comme un individu avant de le considérer comme un membre du
groupe.
La réalité d'une
personnalité et sa richesse ne peuvent pas s'exprimer dans un état de
déséquilibre, il serait dangereux de tirer trop rapidement des conclusions sur
les enfants et leur caractère.
L'ENFANT EST UN ETRE
SOCIAL, GLOBAL, QUI N'APPARTIENT QU'A LUI MEME
|
L'enfant est un être
Social
|
Il naît, grandit et vit
dans un milieu agissant. Il se transforme dans un tissu de relations aux
autres.
La notion de vie ou
vécu est liée au milieu dans lequel L'Enfant évolue et prend en compte
l'ensemble des situations physiques, affectives, morales et intellectuelles que
l'individu a perçues.
|
|
L'enfant est un être
global
|
"L'Enfant n'est pas un
petit homme, mais plutôt un petit d'homme". Il a ses propres besoins en fonction
de son âge, de sa propre évolution. A tout moment de sa vie, l'enfant n'est
pas morcelable: la physiologique, le psychologique, l'affectif, le sexuel, le
social , le culturel ... forment un tout indissociable, l'évolution de l'un
dépend de tous les autres.
La notion d'âge doit
être entendue comme une évolution mentale de chaque individu et il ne faut pas
s'accrocher à l'âge "CIVIL".
|
|
L'enfant n'appartient
qu'à lui même
|
L'Educateur ne peut pas
connaître les besoins propres de L'Enfant sans connaître les droits qu'ils
impliquent.
L'Enfant ne peut pas
être considéré comme un bien de l'Adulte, il a droit notamment au respect de sa
personne en fonction des besoins qui sont reconnus.
Afin d'éviter les
erreurs de jugement et de comportement, l'animateur doit savoir, en fonction de
l'âge, de l'état physique compte tenu des activités passées ou à venir, ce qu'il
peut attendre des différents individus, en activité avec
lui.
|
L'Enfant a des besoins
biologiques et Psychologiques dont le respect conditionne le bon fonctionnement
et le bon épanouissement de son être total
- Se nourrir en quantité, en qualité,
en nombre de repas suffisants et dans un lieu et une atmosphère satisfaisants.
- Dormir en quantité et en qualité
suffisante dans un lieu et une atmosphère satisfaisants.
Se reposer
physiquement et mentalement. Jouer seul, à deux, en groupe, avec les adultes.
- Imaginer
- S'exprimer par tous les moyens que
l'on sera en mesure de lui donner : vocal, verbal, pictural, graphique, sonore,
corporel, affectif, caractériel...
- Créer avec son corps, ses mains, des
outils, sa voix...
- Rencontrer l'autre, les autres,
adultes ou enfants pour connaître, se mesurer, se comparer, faire...
- Etre seul, récupérer, se retrouver,
imaginer …
- Equilibre affectif pour pouvoir vivre
normalement tout le reste: confiance, compréhension, amours réciproques repères,
implication de l'adulte.
Ces besoins sont
différents en fonction de son âge
De 0 à 7 ans - petite
enfance.
La qualité des
relations affectives va permettre ou non à l'enfant de tirer parti de ce qu'il
vit.
Son caractère, sa
capacité d'adaptation, son potentiel intellectuel et physique, les bases de sa
personnalité, se structurent d'une manière quasi irréversible durant cette
période.
Ses motivations
affectives le poussent constamment à trouver une solution aux difficultés qu'il
rencontre. Elles peuvent être source d'épanouissement et d'enrichissement ou
devenir source d'inhibition, d'échecs ou de destruction.
Il découvre le monde,
se découvre et vit intensément avec ses parents ou ceux qui les remplacent.
Intérêt, amour, curiosité, envie, déception, peur, inquiétude, hostilité,
coexistent presque toujours chez lui et ceci d'une manière irraisonnée et
presque imprévisible.
De 7 à 14 ans (12 à 13
ans pour les filles) grande enfance
- Il structure son vécu de 0 à 7 ans,
- Il met en place les bases de
raisonnement,
- Il expérimente d'une manière
volontaire,
- Il organise, se socialise,
- Il est pratiquement autonome,
- Sa personnalité potentielle, même peu
visible, est là, dans les grandes lignes
- Il questionne et on attend beaucoup
de lui au niveau intellectuel (école)
- Il structure sa conscience morale et
sa volonté.
Tout ceci se développe
en fonction de ce qu'il vit et surtout de l'idéologie et de la morale familiale,
il imite, s'imprègne et restitue après l'avoir adapté à ce qu'il
est.
De 14 à 21 ans -
l'adolescence.
En fonction des milieux
d'origine et en règle générale de plus en plus de 12 à 19
Un accès difficile
à l'indépendance sociale et familiale, Mise en place de l'idéologie
personnelle, recherche de sa réalité,
Difficultés dues, dans
tous les domaines, entre le désir et la possibilité matérielle d'agir, très
limitée. Il se bat pour avoir le statut d'adulte lorsqu'on ne lui confère en
général que celui de grand enfant,
Sa réalité sexuelle est
prédominante dans tout son vécu.
Connaissance de
l'enfant
Le jeu est une nécessité
vitale pour l'enfant. C'est la forme spontanée que prend son besoin
d'exploration, de connaissance du monde extérieur, et de lui-même, c'est aussi
une tentative pour maîtriser et organiser la réalité, extérioriser ses fantasmes
et se socialiser. On considère d'ailleurs que l'insuffisance ou l'absence de
jeu chez un enfant est un symptôme de troubles graves.
La fonction ludique
apparaît chez l'enfant dès les premiers jours de la vie. Elle contribue, par
étapes successives, à la mise en place des coordinations et des aptitudes
psychomotrices qui permettront à l'individu d'enrichir ses relations avec
l'environnement physique et social. Du comportement de l'adulte (protecteur,
indifférent, attentif) dépendra l'attitude de l'enfant face au risque : il
deviendra timide, peureux ou bien casse-cou, turbulent.
Le jeu répond à des
besoins profonds qui apparaissent et évoluent selon les étapes du développement
de l'enfant et de son âge :
1.
Besoins de mouvement
mais aussi de repos et de détente
2.
Besoins de sécurité
Le désir de se mesurer au risque,d'affronter le danger.
3.
La
socialisation, désir de faire partie d'un groupe recherche de
l'autonomie.
4.
L'imitation de l'adulte
Besoin de s'exprimer par la création
5. La fiction,
l'imagination Intérêt pour le réel, le désir d'utiliser de vrais outils, de
faire ses propres expériences
6.
Le
désir d'éprouver une grande variété de sensations Besoin d'agir sur les
choses, Besoin de manipulation
Au fur et à mesure que
l'enfant grandit, le jeu franchit des étapes qui marquent ses nouvelles
acquisitions.
De 0 à 18 mois : période
des jeux d'exercice
Le jeu est
essentiellement une activité exploratrice, l'enfant s'affirme en conquérant le
monde matériel et en découvrant ses possibilités motrices.
De 18 mois à 7-8 ans :
période des jeux symboliques
D'abord jeux de
faire-semblant ayant pour base l'imitation. Au début, l'imitation de l'adulte
est une imitation, des gestes, des positions puis il y a l'imitation de scènes
;
Peu à peu le jeu se
complique ; l'enfant s'identifie plus ou moins au modèle adulte qu'il
imite.
De 7-8 ans à 12 ans :
période des jeux à règle
La règle dans le
jeu apparaît avant 7 ans mais elle reste individuelle (exemple sauter de plus
en plus loin) elle permet à l'enfant de s'affirmer.
Vers 7 ans la règle de
jeu permet de jouer avec les autres.
L'enfant est capable de
se donner des règles pour jouer et de les respecter (en jeu de cow-boys..-), ou
de suivre des règles déjà existantes (Un jeu de société, jeu sportif). La
rivalité et la compétition entre les individus ou les groupes prennent beaucoup
d'importance.
Diverses théories ont
été émises pour essayer d'expliquer pourquoi l'enfant joue. Les plus récentes et
les plus souvent admises insistent sur la valeur biologique du jeu, il aiderait
à la croissance de l'individu et au développement de sa personnalité. Dans
ses jeux l'enfant développe son adresse corporelle et manuelle ; exerce son
attention, ses capacités de combinaison), de tactique ; affine son observation,
enrichit ses moyens d'expression gestuelle et graphique, s'initie à la vie
sociale avec ses règles, ses codes et toutes les formes de relation à autrui, il
exerce sa mémoire...
Il ne faut pas oublier
que le jeu est une activité spontanée qui se déroule dans la joie et la liberté.
Le plaisir que l'enfant éprouve n'exclut pas la difficulté et l'effort car le
but fixé n'est pas toujours facile à atteindre.
C'est
pourquoi le jeu est source de progrès.
|